Il est bien trop bien pour moi.
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addteucat
2020.08.30Vues 456
J'ai cessé de pleurer et je lui ai lancé un regard vide : « C'était censé me remonter le moral ? »
« Non⊠» dit-elle en traßnant les pieds et en regardant devant elle. Je suivis son regard.
« Vous ne retournez pas en classe ? C'est bientÎt l'heure. » C'est yedam.
« On vous suit de prĂšs », ai-je rĂ©ussi Ă rĂ©pondre. Il nous a fait un signe de tĂȘte et est parti. J'ai senti l'index de Yuna s'enfoncer dans mon flanc, ce qui m'a fait sursauter.
« Mais ça compense largement », poursuit-elle, et je ne peux m'empĂȘcher de sourire. Ce n'Ă©tait rien d'extraordinaire, mais une simple conversation avec Yedam me remonte instantanĂ©ment le moral quand je suis de mauvaise humeur.
« Allez, dĂ©pĂȘchez-vous avant qu'on soit en retard pour le prochain cours. » Nous nous sommes levĂ©s et avons suivi Yedam et ses amis Ă la hĂąte.
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« DĂ©solĂ©e ! Je te jure que je me rattraperai. » Jâai levĂ© les yeux au ciel et jâai poussĂ© Yuna.
« Vas-y. Je vais bien. » Nous devions rentrer ensemble, mais elle a été retenue par ses activités extrascolaires.
« Tu es sĂ»re ? » Jâai ri et je lâai poussĂ©e un peu plus.
« Envoie-moi un message quand tu rentres ? Appelle-moi ? »
« Oui oui. Maintenant, file ! » Elle boude et s'en va Ă contrecĆur. Je soupire. Je vais donc y aller seule.
J'ai pris mon tĂ©lĂ©phone pour mettre de la musique et j'ai cherchĂ© mes Ă©couteurs, mais j'ai pestĂ© quand je ne les ai trouvĂ©s ni dans mon sac ni dans mes poches. Ils doivent ĂȘtre quelque part dans ma chambre. Zut !
J'ai continué à marcher quand Yedam a pédalé à cÎté de moi, est descendu doucement de son vélo qui a ralenti, et a commencé à marcher avec moi.
« Q-quoi ? Je n'ai pas de retenue aujourd'hui⊠n'est-ce pas ? » demandai-je nerveusement. Aish ! Pourquoi mon cĆur s'emballe-t-il autant ? Je devrais me calmer. J'inspirai profondĂ©ment et expirai lentement, discrĂštement.
« Non. On a dit Ă Halmeoni qu'on allait te rĂ©cupĂ©rer ton vĂ©lo, non ? » Il m'a jetĂ© un coup d'Ćil et j'ai immĂ©diatement dĂ©tournĂ© le regard, de peur qu'il ne me voie le fixer.
« Je pourrais y arriver toute seule, tu sais », ai-je murmuré.
« Je ne peux pas ĂȘtre un mauvais petit ami maintenant, n'est-ce pas ? » Ma tĂȘte s'est redressĂ©e si brusquement qu'il a ri en voyant mon expression surprise.
« C'est ce que pense Halmeoni. » J'ai laissĂ© Ă©chapper un rire gĂȘnĂ©, mĂȘme si j'avais envie de lui donner une claque pour qu'il me fasse croire ça.
« En plus, c'est dangereux pour une fille de marcher seule. » Une fille⊠il me voit comme une fille !
J'Ă©tais trop occupĂ©e Ă me rĂ©jouir du fait qu'il me considĂšre comme une fille.filleJe n'avais pas remarquĂ© que je m'Ă©tais arrĂȘtĂ©e et qu'il Ă©tait maintenant devant moi, lĂ©gĂšrement accroupi pour bien observer mon visage. J'ai sursautĂ© en sentant sa main sur mon front et j'ai instinctivement reculĂ©.
« Excusez-moi de vous avoir fait peur. » Il remet maladroitement la main sur le guidon de son vĂ©lo. « Vous ne vous sentez pas bien ? Vous ĂȘtes toute rouge. Je peux vous raccompagner et je vous remettrai votre vĂ©lo. » Je secoue rapidement la tĂȘte et me touche le visage.
« Je⊠je vais bien. Juste⊠allez, cerveau, au boulot ! Je suis fatiguĂ©e dâavoir marchĂ©. » Bien, en sĂ©curitĂ© !
Il s'arrĂȘta et inclina la tĂȘte vers moi : « Tu veuxâŠÂ »
« Non ! » Jâai rougi en rĂ©alisant Ă quel point jâĂ©tais en dĂ©saccord. « Enfin, ce nâest quâĂ quelques pas. Rien de grave. » Jâai ri. Jâai envie de rester plus longtemps avec lui ! Il a hochĂ© la tĂȘte et nous avons continuĂ© Ă marcher.
« Qu'est-ce qui vous empĂȘche de dormir ? »
« Hm ? » JâapprĂ©ciais le silence pendant notre marche et jâĂ©tais tellement occupĂ©e Ă lui jeter des coups dâĆil que je ne lâai pas bien entendu.
« Tu as mentionnĂ© que l'une des raisons de tes retards est le manque de sommeil. Alors, qu'est-ce qui t'empĂȘche de dormir ? » Je pense Ă toi⊠mais bien sĂ»r, je n'ose pas le dire.
« Franchement, je ne sais pas. J'essaie vraiment, mais mĂȘme si je ferme les yeux, je n'arrive pas Ă dormir. » Il hoche la tĂȘte au moment mĂȘme oĂč nous arrivons.
« Ouah ! C'était rapide, halmeoni ! Je pensais que je n'y arriverais pas aujourd'hui. » Mon vélo est réparé et on dirait qu'il n'a jamais été cassé.
« Ce n'était pas si compliqué. Allez, vous deux. Il se fait tard. »
« Merci halmeoni. » Je lui ai souri, je l'ai prise dans mes bras et j'ai remercié son fils qui avait aussi réparé mon vélo.
"Merci encore, Yunhyeong oppa."
« Pas de problÚme. Tout pour l'ami de Yedamie. » Je regardai Yedam avec surprise et il toussa, faisant ses adieux aux deux.
« Tu es proche de Yoyo oppa ? » ai-je demandé en pédalant sur mon vélo.
"Pas vraiment..."
« Mais il t'appelle yedamie-
« Regarde oĂč tu vas, tu vas encore avoir un accident et ta blessure n'est mĂȘme pas guĂ©rie. » J'ai fait la moue et j'ai regardĂ© droit devant moi.
« Attends, c'était pas ta rue ? » ai-je demandé alors qu'il continuait à pédaler à cÎté de moi, ratant sa rue.
« J'ai quelque chose à acheter à l'épicerie. »
« Oh. » Je me mordis les lÚvres en voyant mon pùté de maisons apparaßtre, et je compris que l'épicerie ne serait qu'au pùté de maisons suivant.
N'ayant pas le courage de l'accompagner, j'ai soupiré et me suis promis de me faire violence la prochaine fois. S'il y a une prochaine fois. « Bon, à demain ? »
« Ă plus tard. » Il ne m'a mĂȘme pas jetĂ© un regard. J'ai fait la moue et me suis tournĂ©e vers notre rue, mais je me suis aussitĂŽt arrĂȘtĂ©e sur le cĂŽtĂ© pour le regarder, puis j'ai soupirĂ© quand il n'a mĂȘme pas regardĂ© en retour.
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« Je suis Ă la maison ! » ai-je criĂ© Ă mes parents aprĂšs ĂȘtre entrĂ© dans la maison.
AprĂšs avoir dĂźnĂ©, je suis montĂ©e dans ma chambre, j'ai pris une douche rapide et je me prĂ©parais Ă aller au lit, mais j'ai rencontrĂ© le mĂȘme problĂšme chaque soir : m'endormir tĂŽt.
Mon tĂ©lĂ©phone a sonnĂ© et mon cĆur a fait un bond en voyant son nom apparaĂźtre comme appelant.
J'ai pris de grandes respirations pour me calmer avant de répondre. « AllÎ ? »
« Tu n'arrives toujours pas à dormir ? » Je me suis mordue les lÚvres pour ne pas crier.
« Hmmm », ai-je seulement pu répondre.
« Tu es allongĂ©e ? » Me sentant audacieuse puisquâil ne pouvait pas me voir, jâai demandé : « Tu vas me demander ce que je porte ensuite ? »
« Ouais ! » ai-je gloussé, et je l'ai entendu rire à l'autre bout du fil. J'avais envie de sauter partout, mais il m'aurait entendue.
« Tu as tes écouteurs ? » Heureusement, je les ai trouvés au-dessus de ma commode.
"Ouais."
« Dâaccord, mets-le. » Jâai obĂ©i.
"Fait."
« Bien, trouvez une position confortable et fermez les yeux. »
« Oh là là , je ne savais pas que tu aimais ce genre de choses », ai-je dit en plaisantant.
« Oh minju », dit-il en guise d'avertissement, mais je l'entends sourire. Il a intĂ©rĂȘt Ă se taire, sinon je vais tout lui avouer !
« Tu mâĂ©coutes ? » Sa voix me donne des frissons.
« Oui, oui, je ferme les yeux. » Il y eut un silence, alors je crus avoir coupé la communication, mais j'entendis soudain un accord de guitare.
« Je ne chante pas vraiment, alors soyez indulgents⊠»
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« Oh mon Dieu ! Ne chante pas comme ça ! Tu chantes tellement bien ! » Je ne peux m'empĂȘcher de le dire.
« Je fredonnais juste. Chut ! Tu es censé dormir. » J'ai souri de toutes mes dents, mais je suis restée silencieuse et je l'ai laissé chanter.
« Bonne nuit, Oh Minju », murmure-t-il doucement à la fin. Sur ces mots, je m'endors avec un immense sourire aux lÚvres.