Il est bien trop bien pour moi.

💎 Sept 💎

"Oh Minju"

« Oh Minju, rĂ©veille-toi ! » J'entends ma mĂšre m'appeler, mais je fais de mon mieux pour ne pas bouger, car d'une part, je fais un beau rĂȘve et il va ĂȘtre interrompu d'une minute Ă  l'autre dĂšs que je sentirai mon rĂ©veil arriver. J'Ă©tais soulagĂ©e qu'elle n'insiste pas
 du moins, c'est ce que je croyais.

« Oh minju ! » Elle tire sur mes couvertures et me donne une tape sur les fesses.

« Aïe ! » ai-je gémi en me redressant.

« DĂ©pĂȘche-toi de te rĂ©parer. » J’ai fait la moue et me suis grattĂ© la tĂȘte, frustrĂ©e.

« Tu as depuis longtemps renoncé à me réveiller, qu'est-ce qui a changé ? » ai-je marmonné entre mes dents, mais elle m'a entendue.

« Tu crois que j'aime te rĂ©veiller ? C'est une perte d'Ă©nergie, mais
 » Je n'arrivais pas Ă  l'Ă©couter car elle s'est mise Ă  me poursuivre avec ses pantoufles, que j'ai rapidement esquivĂ©es. Je me suis baissĂ©e et j'ai couru hors de ma chambre.

« Hé ! Ne descends pas  » Je n’ai pas Ă©coutĂ©. Je suis descendue prĂ©cipitamment
 en pyjama, les cheveux en bataille et sans doute encore les yeux embuĂ©s de larmes, quand je l’ai vu avec mon pĂšre. Ils ont tous deux cessĂ© de rire et m’ont regardĂ©e, figĂ©e sur place.

« Q-quoi ? » Je clignai des yeux, les sourcils froncés, perplexe. Je me frottai les yeux, enlevai quelques ipomées et fixai Yedam.

J'ai regardĂ© autour de moi, puis mes mains. Ce devait ĂȘtre un de ces rares moments. Un rĂȘve dans un rĂȘve lucide. Je croyais m'ĂȘtre rĂ©veillĂ©, mais c'Ă©tait encore un rĂȘve.

Alors, je leur ai souri et mon pĂšre a haussĂ© un sourcil. J'ai sautĂ© de joie et me suis assise Ă  cĂŽtĂ© de Yedam, en passant mon bras autour du sien : « Pourquoi ça ne pourrait pas ĂȘtre vrai ? » J'ai soupirĂ©, posant ma tĂȘte sur son Ă©paule, et il s'est raclĂ© la gorge tandis que ma mĂšre descendait les escaliers Ă  pas feutrĂ©s en me dĂ©visageant.

« Oh Minju ! Que fais-tu en pyjama ! » me gronda mon pÚre. Je me redressai en le regardant d'un air boudeur.

« Hein ? Je n'avais jamais fait un rĂȘve aussi rĂ©aliste, aussi lucide soit-il », pensai-je Ă  voix haute.

« AĂŻe ! » Ma mĂšre m'a brusquement tirĂ©e vers le haut en feignant un rire. « Cette fille, vraiment ! Je t'avais dit de te dĂ©pĂȘcher de prendre un bain. Je suis dĂ©solĂ©e pour elle, elle n'est pas comme ça d'habitude
 » Yedam s'est frottĂ© la nuque, le regard baissĂ© vers la table Ă  manger, et lĂ , j'ai compris. J'ai poussĂ© un cri Ă©touffĂ© et nos regards se sont croisĂ©s un instant avant que ma mĂšre ne me ramĂšne de force dans ma chambre.

« Oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu ! Tuez-moi maintenant, tuez-moi maintenant, aaah ! » Je perds la tĂȘte ! Je me suis tirĂ© les cheveux et je me suis giflĂ©.

"Yah ! Qu'est-ce que tu fais ! Tu es devenue folle !" Ma mÚre m'a donné une tape sur le bras pour me faire cesser mon hystérie.

« Dites-moi que je rĂȘve », ai-je murmurĂ©.

« Tu n'as pas honte ? Ton dĂ©lĂ©guĂ© de classe a dĂ» venir te chercher Ă  cause de ton retard
 » Je me suis effondrĂ©e par terre et j'ai sanglotĂ©.

« Ouais ! Tu es complÚtement devenu fou ?! »

« Je vais changer d'Ă©cole. » Je pleure vraiment. C'est tellement gĂȘnant ! Oh mon dieu ! Rien que d'y penser, j'ai envie de me jeter par la fenĂȘtre.

« Mais qu'est-ce que tu racontes ?! Allez, dĂ©pĂȘche-toi de te changer ! » Elle m'a laissĂ©e Ă  mon dĂ©sarroi. Je sanglotais, me passant les doigts dans les cheveux et me cognant la tĂȘte contre le sol.

« Quelle idiote ! » Mon tĂ©lĂ©phone a sonnĂ© et j’ai levĂ© les yeux. Yuna ! Je me suis redressĂ©e d’un bond, pensant que mon amie viendrait me rĂ©conforter, mais c’était Yedam qui m’avait envoyĂ© un message.

« Si tu ne te dĂ©pĂȘches pas, ce sera la toute premiĂšre fois que je serai en retard en cours. » Et maintenant, je le dĂ©range. Il ne m'aimera plus jamais ! Il va me prendre pour une folle ! J'ai pleurĂ©, mais je me suis prĂ©cipitĂ©e dans la salle de bain pour ne pas ĂȘtre un fardeau supplĂ©mentaire. J'ai pris la douche la plus rapide de ma vie et je suis redescendue sans regarder personne.

« Je m'en vais. » Je me suis dĂ©pĂȘchĂ©e de sortir, sans vouloir croiser le regard de personne.

« On y va. Merci de m'avoir invité », dis-je à Yedam alors qu'il sortait de la maison pendant que je déverrouillais mon vélo. J'étais tellement pressée de monter dessus que j'ai failli trébucher et tomber quand je l'ai senti derriÚre moi et repousser mon vélo jusqu'à sa place.

« Tu ne roules pas lĂ -dessus. Ta blessure n'est mĂȘme pas encore guĂ©rie. » J'ai baissĂ© les yeux sur mon genou Ă©corchĂ© et il m'a arrachĂ© mon antivol pour remettre mon vĂ©lo Ă  sa place. Je me suis donc dĂ©pĂȘchĂ©e de sortir de notre rĂ©sidence et j'ai marchĂ© d'un pas rapide vers l'arrĂȘt de bus quand j'ai dĂ» m'arrĂȘter net : il m'a dĂ©passĂ©e et m'a bloquĂ© le passage avec son vĂ©lo. J'ai alors fait demi-tour et j'ai continuĂ© Ă  marcher d'un pas vif.

"Oh Minju ! HĂ© !" Je me suis dĂ©pĂȘchĂ©e de courir, mais bon, je ne suis pas rapide et il est Ă  vĂ©lo.

J'Ă©tais essoufflĂ©e lorsque je me suis arrĂȘtĂ©e, car il m'avait de nouveau barrĂ© le passage. Je regardais partout sauf lui.

«Le temps presse.»

"Vous pouvez y aller."

"Monter."

« Je peux prendre le bus. » Il ne voit pas Ă  quel point je suis gĂȘnĂ©e ? J'entends son vĂ©lo bouger, alors je crois qu'il est parti. J'ai les yeux qui piquent et je ne peux m'empĂȘcher de pleurer, mais je me fige quand je sens une Ă©treinte.

J'ai eu envie de crier, persuadée qu'il s'agissait d'un pervers, quand il a dit : « Il n'y a pas de quoi avoir honte. » Sa voix était calme et apaisante tandis qu'il me tapotait doucement le dos. Je n'ai pas pu me retenir. L'émotion m'a submergée et j'ai sangloté contre sa poitrine, agrippée à son uniforme, le froissant sous mes doigts.




« Tu te sens mieux maintenant ? » Il rompit le silence alors que nous marchions cÎte à cÎte vers l'école, son vélo entre nous.

« Tu vas rater le premier cours Ă  cause de moi », ai-je marmonnĂ©. Non seulement on va ĂȘtre en retard, mais
Je serai trĂšs en retard.

« Tu fais toujours des rĂȘves lucides ? »

« Oui ! Je ferai pareil, peu importe qui c'Ă©tait ! » dis-je d'une traite, et il ricane. Tch. MĂȘme ses rires sont une douce musique Ă  mes oreilles.

« Faire quoi ? » Se moque-t-il de moi ? J’ai levĂ© les yeux et je l’ai vu me sourire chaleureusement. Il me rĂ©conforte en faisant comme si je n’avais rien fait de gĂȘnant. Mon cƓur s’est emballĂ©. Je suis profondĂ©ment amoureuse.

« Rien. » J’ai dĂ©tournĂ© le regard et me suis concentrĂ©e devant moi avant de trĂ©bucher et de tomber Ă  nouveau. J’en ai assez des humiliations pour aujourd’hui, merci bien.