J'ai fermé les yeux pour faire semblant de dormir parce que je voulais sortir de cette situation embarrassante, mais je me suis endormie. Je suppose que c'est parce que je n'avais pas beaucoup dormi la nuit précédente et qu'on m'avait réveillée trop tÎt.
Je me suis rĂ©veillĂ© en sentant l'arrĂȘt de bus retentir par intermittence. Mes sens me rappellent que j'ai dormi, et Ă en juger par le bruit, il semble que tout le monde dorme aussi.
J'ouvris les yeux et ma vue fut immédiatement attirée par la pomme d'Adam. J'avalai ma salive et levai lentement les yeux. Ma mùchoire se décrocha et je la refermai doucement. Je suis allongée sur la poitrine de Yedam ! Pas sur son épaule, sur sa poitrine !

Je suis paralysée ! Il me tient par le bras et il dort ! Mes sens pourraient-ils se déconnecter à nouveau ? Je ressens tout !
Comment respirer ? Au moment oĂč je commençais Ă y rĂ©flĂ©chir, ses yeux s'ouvrirent, ses mains me serraient instinctivement plus fort et il me regarda. Tue-moi. Maintenant.
« Je suis dĂ©solĂ©e ! » Je me suis redressĂ©e rapidement, et il a fait de mĂȘme, grimaçant lĂ©gĂšrement en s'Ă©tirant. Je dois ĂȘtre lourde et il doit avoir mal au flanc !
« Pardon, pardon. » Je n'arrĂȘtais pas de marmonner des excuses en lui massant le biceps. Je vous jure que je ne le sens pas. Je lui masse vraiment le bras.
« Ce n'est rien. C'est moi qui suis désolé de t'avoir touché sans ta permission. »
« Hein ? » Jâai sursautĂ© et ses yeux se sont Ă©carquillĂ©s. Je pouvais le voir Ă travers la silhouette de ses lunettes.
« Oh non, pas comme ça ! Je veux dire, j'ai dĂ» te soutenir. Le bus n'arrĂȘtait pas de s'arrĂȘter Ă cause des embouteillages et tu n'avais pas l'air Ă l'aise avec ta tĂȘte qui ballottait d'un cĂŽtĂ© Ă l'autre. » Il dit ça rapidement, puis silence. On s'est regardĂ©s, puis on a Ă©clatĂ© de rire, mais on a dĂ» se couvrir la bouche car les autres dormaient encore.
« Je suppose que ce n'Ă©tait pas confortable. » J'ai grimacĂ© en tournant la tĂȘte. « J'ai oubliĂ© mon coussin cervical. »
"C'est bon, tu peux m'utiliser comme oreiller."
« RĂVEILLEZ-VOUS ! RĂVEILLEZ-VOUS ! » Heureusement, une voix forte et tonitruante venant de l'avant intervient.
