
À tes côtés
« Ayeon… »
C'était la voix de mon frère, celui que je regrettais tant. Tout le monde disait qu'il m'avait quittée, mais il ne l'avait jamais fait. S'il l'avait fait, comment aurait-il pu prononcer mon nom avec une telle chaleur ? « Frère… tu sais. Tout le monde disait que tu m'avais quittée. Mais ce n'était pas vrai… n'est-ce pas ? »
Malgré la question d'Ayeon, l'homme qui se faisait appeler Oppa la regarda simplement avec une expression indéchiffrable.
🖤
Ayeon se réveilla dans une pièce sombre et obscure. Se voir ainsi, dans une pièce bien trop grande pour qu'elle puisse y vivre seule, lui pesait terriblement. Dix ans s'étaient déjà écoulés depuis qu'elle était devenue célèbre, déterminée à trouver l'âme sœur. Naturellement, durant ces dix années, elle n'avait trouvé personne qu'elle appelait son « oppa ». La voyant ainsi, son entourage lui conseillait d'abandonner et de profiter de la vie, mais il y avait encore tant de questions qu'elle n'avait pas posées. Pourquoi était-elle partie ? Pourquoi n'était-elle pas revenue plus tôt ? Cela faisait dix ans qu'elle se demandait s'il y avait une raison à son absence. Le silence régnait dans la pièce, seul le ronronnement du climatiseur venait troubler le silence.
🖤
C'étaient des vacances tant attendues, après une période intense de retours sur scène, de concerts, de rencontres avec les fans et de tournages de séries. Je me suis réveillée à 4 heures du matin comme d'habitude. J'ai tiré les rideaux, me suis appuyée contre la véranda et j'ai contemplé la lune. La lune, éblouie par les émotions naissantes, semblait incroyablement seule. Elle brillait de mille feux, mais d'une certaine manière, elle paraissait pleurer.
« Mais à quoi est-ce que je pense… »
Après avoir fermé la porte et tiré les rideaux, Ayeon se recoucha. La pièce, plongée dans l'obscurité, était sombre et solitaire. Elle se couvrit les yeux de son bras et les ferma.
Quand Ayeon se réveilla, il était déjà 14 heures. Elle ne savait pas à quelle heure elle s'était endormie. Elle ne se souvenait même plus de la dernière fois qu'elle avait dormi aussi mal. Son ventre gargouillait, comme s'il avait faim, mais Ayeon restait immobile dans son lit, comme si elle refusait de se lever. Elle mit ses AirPods dans ses oreilles, qui se trouvaient sur l'étagère à côté de son lit, et se couvrit de nouveau les yeux avec ses bras.
Les AirPods retirés, Ayeon ouvrit les yeux au bruit du climatiseur. Elle regarda l'heure : 19 heures. Son estomac se noua tandis qu'elle tentait de refermer les yeux. C'était compréhensible, car elle n'avait rien mangé de la journée. Pressée, elle enfila son masque et son chapeau et sortit. Dehors, c'était un paradis pour les couples. Serrés l'un contre l'autre comme s'ils craignaient pour leur vie, ils déambulaient dans la rue, riant aux éclats. « Moi aussi, j'ai été comme ça. » J'ai retenu mes larmes et je suis partie. Je voulais manger du tteokbokki, ça faisait longtemps que je n'en avais pas mangé, alors j'en ai acheté dans la rue et je rentrais chez moi quand un homme qui ressemblait à mon frère se tenait de l'autre côté du passage piéton. « Oppa… » Ayeon traversait le passage piéton lorsqu'un klaxon retentit à plusieurs reprises à côté d'elle. Lorsqu'elle eut le temps de se tourner pour l'éviter, il était déjà trop tard. Un homme la bouscula. Ayeon, les yeux fermés, se tenait là, immobile. La soupe de gâteaux de poisson qu'elle avait achetée avec les tteokbokki se renversa. L'homme lui cria dessus, lui demandant ce qu'elle faisait de si dangereux, mais Ayeon n'en avait cure. Le chauffeur du camion descendit et lui demanda si elle allait bien, mais même cela ne la parvint pas à se calmer. Elle cherchait désespérément l'homme disparu, se demandant où il avait bien pu aller. « Où est-il passé… Où diable est-il passé ? » Ayeon se releva en titubant et se mit à la recherche de son frère.
🖤
Bien sûr, elle ne trouvait pas son frère. Elle courut longtemps, se demandant où il avait bien pu disparaître, mais en vain. Tandis qu'elle avançait péniblement, elle sentit ses jambes la faire souffrir. Ses baskets blanches en toile s'imbibaient lentement de sang. N'ayant rien à acheter, Ayeon acheta une miche de pain dans une épicerie voisine et rentra chez elle. Elle enfourna le pain à la hâte, banda sa jambe de façon rudimentaire et se coucha. C'était une nuit plus sombre et plus solitaire que toutes celles qu'elle avait connues.
