« Encore cinq minutes », ai-je grommelé en fermant les yeux.
« Encore cinq minutes et tu seras encore en retard, Oh Minju ! » Jâai haletĂ© et me suis redressĂ©e si vite que je suis tombĂ©e de mon lit en poussant un petit cri.
« C'était quoi ce bruit ? Tu es tombé du lit ? » Je gémis à peine et remets mon téléphone à mon oreille.
« Yedam ? » ai-je murmurĂ© d'une voix rauque. Il a ri doucement, ce qui a fait battre mon cĆur Ă tout rompre.
« Tu attendais quelquâun dâautre ? » Je me mordis les lĂšvres pour ne pas crier et dansai dans ma chambre en rĂ©primant un rire.
« Je descends prendre mon petit-déjeuner, je te rappelle dans un quart d'heure, tu auras fini d'ici là . à plus. » Et sur ces mots, il raccroche.
« Kyaaaaaaa !!!! » J'ai hurlé à pleins poumons en sautant partout dans la piÚce. Je me demandais si j'étais vraiment réveillée, mais soudain je me suis cognée le petit orteil contre ma table de chevet, ce qui m'a fait siffler et me recroqueviller de douleur.
« Quinze minutes ! » ai-je haleté en regardant l'horloge, bouche bée. Cinq minutes s'étaient déjà écoulées, alors j'ai couru à la salle de bain, pris le bain le plus rapide de toute ma vie, dévalé les escaliers en surprenant mes parents et attrapé quelques bouchées pour le petit-déjeuner.
Mon tĂ©lĂ©phone a sonnĂ© Ă nouveau juste au moment oĂč je montais sur mon vĂ©lo. « J'y vais ! » ai-je rĂ©pondu en mĂąchant rapidement ma nourriture et en l'avalant d'un trait.
« Tu manges encore ? »
« Câest fait ! Jây vais. » Jâai soufflĂ© en pĂ©dalant plus vite, mais je me suis arrĂȘtĂ© prĂšs dâune voiture garĂ©e pour vĂ©rifier mon reflet dans le rĂ©troviseur.
« Tu as l'air bien. » Je l'aperçus dans le reflet de mon reflet et me retournai brusquement. Il raccrocha, posa son téléphone et le rangea dans sa poche, tandis que je le dévisageais, bouche bée. Je regardai autour de moi pour m'assurer que j'étais toujours dans mon quartier.
« Je suis venu te chercher au cas oĂč. Allez. » Il est parti devant, tandis que je fixais son dos, me demandant si je rĂȘvais. Aurais-je dĂ» me faire renverser par une voiture ? Il s'est arrĂȘtĂ© et m'a regardĂ© par-dessus son Ă©paule. Ses cheveux avaient poussĂ©, lui arrivant presque aux yeux, mais ça lui allait bien.
« Tu ne viens pas ? » Je suis sortie de ma rĂȘverie, j'ai lĂ©gĂšrement secouĂ© la tĂȘte et j'ai commencĂ© Ă pĂ©daler. Il a regardĂ© devant lui et a continuĂ© Ă pĂ©daler vers l'Ă©cole tandis que je le suivais de prĂšs.
Je le regardais en douce tandis que nous pĂ©dalions sous les arbres, la lumiĂšre du soleil filtrant Ă travers les arbres et lui donnant un air rĂȘveur. J'entendais presque la chanson utilisĂ©e comme musique de fond par la plupart des Ă©missions de variĂ©tĂ©s :Byeol bichi naerinda syararallarallara ~

J'Ă©tais tellement absorbĂ©e par mes rĂȘveries qu'un coup de klaxon retentissant et une voiture qui nous dĂ©passait Ă toute vitesse m'ont fait sursauter. PaniquĂ©e, j'ai donnĂ© un coup de volant. J'ai poussĂ© un cri lorsque mon vĂ©lo a heurtĂ© une borne d'incendie, ce qui m'a fait chuter et m'a Ă©corchĂ© le genou.
En entendant le fracas, Yedam freina brusquement et me regarda tandis que je sifflais, le regard baissé, honteuse. J'espérais qu'il ne l'ait pas vu lorsque je me relevai rapidement.
« Que s'est-il passé ? » Il m'a aidée avec mon vélo pendant que j'époussetais ma jupe.
« Rien⊠Jâai juste sursautĂ© Ă cause du klaxon », ai-je murmurĂ©, refusant de le regarder. Puis jâai senti sa main sur moi et je nâai pas pu mâempĂȘcher de le regarder. Il examinait la zone, baissait les yeux sur mes jambes et me fit pivoter lĂ©gĂšrement pour vĂ©rifier lâarriĂšre, tandis que je respirais Ă pleins poumons.
« Je⊠je vais bien », ai-je bĂ©gayĂ©. Il mâa fusillĂ© du regard. « Tu saignes. »
« Ce n'est qu'une égratignure », je boude.
« Minju ? » Nous nous sommes retournés tous les deux en entendant mon nom. C'est la grand-mÚre aux fruits.
« Halmeoni », dis-je en la saluant, et elle s'approcha de nous.
« AĂŻe ! Tu es enfin tombĂ©e ? Je te l'avais pourtant dit ! Je t'avais dit de ne pas faire du vĂ©lo comme si tu Ă©tais en compĂ©tition, tu es toujours pressĂ©e, regarde-toi ! » Elle secoue la tĂȘte et je rougis lĂ©gĂšrement, lui adressant un sourire gĂȘnĂ©.
« Heureusement que ton copain est lĂ . Tu peux faire du vĂ©lo avec lui puisque ta roue avant est cassĂ©e. » J'ai secouĂ© la tĂȘte vigoureusement, le visage rouge de colĂšre. « Il ne l'est pas⊠»
« On peut laisser son vélo ici, halmeoni ? » lui demanda Yedam. Elle sourit.
« Bien sûr. Minju m'a été d'une grande aide. Je demanderai à mon fils de le réparer pour que vous puissiez passer le récupérer en rentrant chez vous. »
« Merci. On y va avant d'ĂȘtre en retard. » Yedam lui adresse un sourire reconnaissant et me tire lĂ©gĂšrement par la main.
« Tu peux marcher ? » Pourquoi est-il comme ça ? Mon cĆur sâemballe. « Ce nâest quâune Ă©gratignure », ai-je rĂ©pondu en silence. Il est montĂ© sur son vĂ©lo et mâa dit de prendre son dos⊠comme la premiĂšre fois que je lâai rencontrĂ©.
Je suis restĂ©e plantĂ©e lĂ , Ă fixer le siĂšge arriĂšre, et il m'a regardĂ©e, ce qui m'a obligĂ©e Ă dĂ©tourner les yeux vers lui : « DĂ©pĂȘchez-vous, on doit encore soigner votre blessure. »
Je suis montĂ©e sur son vĂ©lo sans un mot et me suis agrippĂ©e Ă lui tandis qu'il pĂ©dalait vers l'Ă©cole. Je me mordais les lĂšvres, tant mon cĆur battait fort, j'entendais presque ses battements. Je crois que je ne suis pas seulement tombĂ©e de vĂ©lo. Je suis tombĂ©e encore plus amoureuse de ce garçon.
« OĂč vas-tu ? » demanda-t-il lorsque je me suis tournĂ©e vers notre salle de classe.
« En classe ? »
« Votre blessure. » Jâai suivi son regard sur mon genou et jâai murmurĂ© : « Oh ! » Jâavais oubliĂ© que jâĂ©tais blessĂ©e !
« Euh, plus tard. » Je me suis retournĂ©e pour rejoindre ma chambre, mais il m'a attrapĂ©e par la main et m'a entraĂźnĂ©e vers l'infirmerie. AĂŻe ! J'ai baissĂ© la tĂȘte pour laisser mes cheveux me cacher le visage. J'ai essayĂ© de retirer ma main, mais il l'a serrĂ©e plus fort. Des Ă©tudiants arrivĂ©s en avance nous regardent, et s'ils voient mon visage, ils comprendront ! Ils sauront que je suis amoureuse de lui.
