« Park Chanyeol ! »
« Oui, comment ça va ? » Je n'ai pas vu la moindre trace de regret sur son visage ; au contraire, il cherchait clairement une excuse. « Ah, tu sais, Jongdae, on est encore à la fac, les examens approchent et il faut qu'on se mette sérieusement à étudier. Je ne veux pas que ton avenir soit gùché à cause de ce truc en toi », dit-il d'un ton léger, comme si tout ce qu'on faisait était pour l'avenir, comme étudier ! Menteur ! Je le vois rarement lire un livre !
Je suis restĂ©e plantĂ©e devant le visage de Chanyeol pendant un long moment, les oreilles bourdonnantes et brĂ»lantes. J'avais l'impression d'ĂȘtre hors de moi ; mon corps a Ă©tĂ© paralysĂ© par la surprise lorsqu'il a soudainement touchĂ© mon visage. « Ăcoute, je t'aime tellement, Dae. Ăa peut paraĂźtre cruel, mais je fais ça pour toi. Pour l'amour du ciel. Tout ce que je fais, c'est pour ton bien. »
Chanyeol rapprocha son visage du mien, ferma les yeux, voulant m'embrasser. Mais s'en abstenir, c'en Ă©tait assez. Je ne suis pas dupe et je ne me laisserai pas berner une fois de plus. Nos corps Ă©taient encore nus quand, de toutes mes forces, je repoussai sa poitrine. « Tu ne m'aimes pas, Chan ! » Je fixai le visage de Chanyeol, le regard vide. Ses iris s'ouvrirent, scrutateurs. « J'ai du mal Ă le dire, mais je comprends enfin que tu te jouais de moi. Tu es un sociopathe ! Tu n'es pas humain ! » Ă cet instant, je laissai libre cours Ă ma frustration et continuai de le frapper brutalement Ă la poitrine, dĂ©goĂ»tĂ©e de moi-mĂȘme au point de me sentir mourir. « Tu n'as pas de cĆur ! »
« Comment as-tu pu dire une chose aussi cruelle, Dae ? » demanda Chanyeol, incrĂ©dule. Il dĂ©tourna le regard. « Je tâaime⊠»
« Si tu mâaimais, tu ne mâaurais pas dĂ©truite ! » ai-je criĂ©. La colĂšre me serrait la poitrine, et je dĂ©testais dire ça.
Le sourire revint sur son visage d'une beauté parfaite, ce sourire que j'avais toujours adoré et redouté, un sourire absolument envoûtant. « Tu ne m'aimes pas, moi aussi, brisé ? » conclut-il d'un ton léger. « Tu ne rejettes jamais vraiment ce que je te fais ; tu y prends plaisir. »
Maintenant, je blĂąme ma faiblesse.
Ce que Chanyeol a dit n'Ă©tait pas tout Ă fait vrai, mais ma conscience ne pouvait le nier. Ătais-je le mĂ©chant dans cette histoire ? MĂ©rit-je donc la haine de tous ?
« Kim Jongdae, » appela Chanyeol d'une voix séductrice, « pourquoi oses-tu me contredire maintenant ? Pourquoi me reproches-tu cela maintenant ? Est-ce parce que tu ne m'aimes plus ? »
Oui, j'ai aussi ma part de responsabilité.
« Câest Ă cause de ton cousin ? » Le visage de Chanyeol se durcit. « RĂ©ponds-moi ! Pourquoi restes-tu muet alors que tu as osĂ© me crier dessus tout Ă lâheure ? » Chanyeol⊠Le visage de cet homme Ă©tait maintenant si prĂšs de ma nuque que je sentais son souffle chaud. Tout mon corps Ă©tait paralysĂ© par la peur ; une menace, un tigre juste devant moi. « Peur ? »
J'ai secouĂ© la tĂȘte. J'avais la langue engourdie, la nuque douloureuse comme si on m'avait donnĂ© un violent coup de marteau, et mes Ă©motions Ă©taient complĂštement confuses. Je dĂ©teste cette sensation ! Cette situation ! Park Chanyeol, je le dĂ©teste !
«S'il te plaßt!"
J'ai instinctivement protĂ©gĂ© mon visage avec mon bras lorsque Chanyeol a soudainement levĂ© la main, prĂȘt Ă me gifler. Mon corps tremblait violemment ; je savais que ce soir, Chanyeol Ă©tait vraiment furieux de ma rĂ©bellion. Bien que je n'aie pas senti la gifle sur mon visage ni ailleurs sur mon corps, tout mon ĂȘtre tremblait de peur.
J'ai peur. TrĂšs peur.
J'ai peur de quelqu'un que j'aime.
MĂȘme si j'y suis habituĂ©e, je ne suis jamais prĂȘte. Je ne le serai jamais.
J'ai osĂ© jeter un coup d'Ćil quand j'ai entendu son rire Ă©clater. C'Ă©tait un rire que j'aimais tellement que je le collectionnais. Un rire chaleureux et cristallin, c'est tout ce que les autres savaient, sauf moi.
J'ai tùtonné le matelas, cherchant mon téléphone. Mais mes mains sont revenues vides. « Chan, je⊠» J'ai failli crier quand Chanyeol m'a soudainement serrée dans ses bras et m'a embrassée longuement et profondément sur le front. J'avais l'impression que mon front effleurait le bord de son baiser.
AprĂšs cela, il a ramassĂ© ses vĂȘtements et m'a laissĂ© seul dans cette piĂšce.
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Je me souviens encore du moment oĂč Chanyeol est revenu peu aprĂšs m'avoir laissĂ©e dans la chambre, avec un plateau-repas. Il m'a dit de prendre le temps de rĂ©flĂ©chir Ă l'avortement avant d'ouvrir la porte le lendemain matin et d'exiger ma rĂ©ponse.
Avant, j'Ă©tais comme ça : innocente â mĂȘme si, maintenant, mon propre petit ami me berne plus souvent â, courageuse, chaleureuse, bref, comme la plupart des adolescentes. Jusqu'au jour oĂč j'ai connu le premier amour. Un amour auquel je tiens encore aujourd'hui.
Je ne sais pas quelle heure il est, car depuis hier soir je reste plantĂ© devant la fenĂȘtre, le regard perdu, l'esprit vide. Je pense Ă tout : mon pĂšre, ma mĂšre, ma famille, mes amis, mes rĂȘves, et cette minuscule crĂ©ature sans nom dans mon ventre. C'est si Ă©trange, d'habitude, chaque matin je me remplis l'estomac de pain ou de riz, alors que les vers affamĂ©s se dĂ©battent en moi, puis je l'Ă©vacue par l'anus. Mais lĂ , soudain, il y a quelque chose, quelque chose de vivant et de mobile, qui grossit Ă vue d'Ćil, et qui fait maintenant gonfler mon ventre, qui n'avait jamais gonflĂ© mĂȘme aprĂšs avoir englouti dix assiettes de ramen.
Hier, je me suis patiemment persuadĂ©e que ce n'Ă©tait qu'un cauchemar, un cauchemar qui disparaĂźtrait bientĂŽt Ă mon rĂ©veil. Alors, dans ce rĂȘve, j'ai cherchĂ© partout, j'ai tout fait pour me rĂ©veiller, mĂȘme au prix de ma propre souffrance. Mais dĂšs que je me suis rendormie et que je me suis rĂ©veillĂ©e dans ce que je croyais ĂȘtre un rĂȘve, j'ai soudain compris. Le cauchemar que je prenais pour un rĂȘve Ă©tait la rĂ©alitĂ©, tandis que le beau rĂȘve que je croyais ĂȘtre la rĂ©alitĂ© n'Ă©tait en fait qu'un rĂȘve.
J'Ă©tais assaillie par des dilemmes de toutes parts. D'un cĂŽtĂ©, je ne voulais pas dĂ©cevoir Chanyeol ; je l'aimais, naĂŻvement, mĂȘme en sachant Ă quel point il Ă©tait toxique pour moi. De l'autre cĂŽtĂ©, je voulais aussi garder ce fĆtus. Il n'avait rien fait de mal ; c'Ă©tait nous, ses futurs parents, qui Ă©tions en faute. MĂȘme si je n'avais pas prĂ©vu sa venue au monde, cela ne signifiait pas qu'il Ă©tait indĂ©sirable. Cet enfant Ă naĂźtre mĂ©ritait lui aussi de vivre et d'ĂȘtre heureux, comme moi ; il mĂ©ritait de l'affection.
Jâai soupirĂ© de fatigue en caressant mon ventre encore plat. « Lequel dâentre vous dois-je choisir ? » Il nâavait quâun mois et demi. Personne ne savait oĂč il Ă©tait, Ă part moi, Chanyeol et DieuâŠ
Seigneur ...?
Une sensation de picotement soudaine m'envahit la nuque, un malaise m'envahit. « Dieu est-il en colĂšre contre moi ? » J'Ă©tais encore plus perdue. « Si je choisis Chanyeol, cela signifie que je suis une meurtriĂšre, n'est-ce pas ? » Je ne voulais pas ĂȘtre une meurtriĂšre ! Je ne suis pas ce genre de meurtriĂšre cruelle, je n'ai pas Ă©tĂ© Ă©levĂ©e ainsi !
J'ai sursautĂ© lorsque la porte de la chambre s'est ouverte brusquement. La silhouette imposante de Chanyeol est apparue, Ă©lĂ©gamment vĂȘtu et portant un plateau-repas. Son sourire Ă©tait manifestement forcĂ©, et il a ravivĂ© la douleur de mon cĆur dĂ©jĂ meurtri, me ramenant brutalement Ă la rĂ©alitĂ©.
«Bonjour,« Dae », cria Chanyeol.
Je n'ai pas répondu, j'étais complÚtement paralysée. Je n'avais pas encore pris de décision.
« Comment va cette chose dans ton estomac ? »
Toutes mes articulations étaient tendues, j'avais l'impression que des millions de milliards de courants électriques circulaient dans mon sang.
Chanyeol s'est assis à cÎté de moi. J'ai reculé par réflexe, les yeux rivés sur lui, chaque mouvement me paraissant une menace.
« Hé, pourquoi tu restes si silencieux ? » La main de Chanyeol s'avança vers mon visage. Inconsciemment, je la repoussai brutalement, laissant transparaßtre sa surprise.
« Je⊠je⊠» Mon regard restait rivé sur les yeux de Chanyeol. « Il va bien. »
Mes yeux s'Ă©carquillĂšrent lorsque Chanyeol toucha mon ventre. J'avalai ma salive avec difficultĂ©, l'estomac nouĂ© et la tĂȘte qui tournait. Le regard de Chanyeol restait fixĂ© sur mon ventre, enveloppĂ© dans le cardigan que je portais la veille. « Il n'a pas encore beaucoup grandi, n'est-ce pas ? » murmura-t-il.
J'ai souri intérieurement. Est-ce cela, un miracle ?
« Sâil Ă©tait tuĂ©, il ne vous causerait pas trop de problĂšmes, nâest-ce pas ? » poursuivit-il, ce qui me fit immĂ©diatement faire un bond dans le cĆur. « JâĂ©tais ici hier soir. »recherche« Et je viens d'apprendre qu'un avortement comporte un risque important pour la sĂ©curitĂ© de la mĂšre. Heureusement, le bĂ©bĂ© dans ton ventre n'est pas encore trĂšs gros, donc mĂȘme si on l'enlĂšve, ce ne sera pas un gros problĂšme pour toi. »
Mes larmes coulaient déjà à flots. Je n'aurais pas dû m'attendre à autant d'un sociopathe comme lui !
« Quelle décision as-tu prise, Kim Jongdae ? » demanda Chanyeol. Je fus complÚtement sidéré. « Je savais que tu ne me décevrais pas. » Chanyeol sourit de nouveau. Pour une raison que j'ignore, ce sourire commençait à m'exaspérer, et j'avais une envie folle de le réduire en miettes.
La main de Chanyeol s'est tendue pour caresser mes cheveux. Son sourire persistait. J'ai pris une inspiration. « Oui. » J'ai marqué une pause. « Cette fois, je ne me laisserai pas tomber ! »
Je ne sais pas d'oĂč m'est venue cette audace, mais j'ai poussĂ© le plateau-repas que Chanyeol portait, Ă©parpillant tout sur le sol. Ses yeux, choquĂ©s par mon geste, fixaient sans cesse la nourriture et moi.
Je me suis levée, je suis sortie du lit et j'ai enjambé les assiettes cassées, sans me soucier de me blesser les pieds. J'ai grimacé en marchant accidentellement sur un morceau de verre. Mais qu'importe ? Il y avait plus important à cet instant : m'éloigner le plus possible de Park Chanyeol.
La porte sembla s'éloigner quand Chanyeol me saisit le poignet. « Je croyais que tu m'aimais. »
J'entendais encore les mots doux de Chanyeol. J'ai éclaté de rire en repoussant sa main de toutes mes forces. Ma main a glissé tandis que je fixais la perle. « Je croyais que tu m'aimais aussi ! » ai-je crié, retournant ses propres mots contre lui. « Tu es malade ! »
Ma tĂȘte a basculĂ© en arriĂšre quand Chanyeol m'a giflĂ© une nouvelle fois, hehehe. Sa paume Ă©tait plus grande que mon visage, c'Ă©tait comme recevoir un coup de sac de sable. J'ai grimacĂ©, les larmes coulant Ă nouveau. J'avais beau me rĂ©pĂ©ter que j'Ă©tais un jeune homme fort, rien n'y faisait ; au final, l'univers m'avait créé faible. C'Ă©tait mon destin.
« Nous sommes trÚs en retard », dit doucement Chanyeol en regardant sa montre avec anxiété.
J'ai secouĂ© la tĂȘte pour calmer mes vertiges. Au mĂȘme moment, Chanyeol m'a soulevĂ©e et s'est dirigĂ© rapidement vers la porte principale. Il murmurait sans cesse le mot « amour », ce qui sonnait faux Ă mes oreilles.
Chanyeol m'a installée sur sa moto, m'a mis mon casque et a guidé mes mains pour que je l'enlace. « Serre-moi fort, je ne veux pas que tu tombes et que tu te fasses mal. » Chanyeol a mis son propre casque et s'est préparé à démarrer le moteur.
L'air Ă©tait encore trĂšs froid, la rosĂ©e ruisselait des feuilles, ce qui me laissait penser qu'il Ă©tait probablement encore 6 heures du matin. « OĂč allons-nous ? » me demandai-je.
« Vers un lieu qui résoudra nos problÚmes. »
« OĂč est-il ? » Mon cĆur me disait le contraire de ce que Chanyeol avait dit.
Au lieu de répondre, Chanyeol descendit de sa moto. Il s'accroupit à mes pieds, fixant mes pieds nus qui saignaient légÚrement.
« Ta jambe va bien ? » Chanyeol sortit un mouchoir de sa poche arriĂšre et essuya dĂ©licatement le sang. Je grimaçai lorsquâil toucha accidentellement ma peau dĂ©chirĂ©e. Il banda la plaie avec son mouchoir. « Il devrait y avoir des pansements et de lâantiseptique. » Chanyeol me caressa les cheveux et esquissa un sourire. « Sois patiente, je vais te soigner bientĂŽt. »
AprĂšs que Chanyeol m'eut mis mes chaussures, nous avons enfin quittĂ© le complexe rĂ©sidentiel. Tout au long du trajet, je n'avais qu'une seule idĂ©e en tĂȘte : oĂč Chanyeol allait-il m'emmener ? J'examinais chaque bĂątiment, me demandant si j'Ă©tais dĂ©jĂ passĂ©e par lĂ , et je gardais les lĂšvres crispĂ©es, mĂȘme pour demander oĂč nous allions, de peur que la rĂ©ponse ne soit pas Ă la hauteur de mes attentes dĂ©jĂ immenses. J'avais le pied blessĂ© et Chanyeol s'inquiĂ©tait. Il y avait des pansements et de l'antiseptique, alors n'Ă©tait-il pas Ă©vident que nous allions Ă l'hĂŽpital ? J'ai senti l'espoir renaĂźtre en moi. Mais revenons Ă la rĂ©alitĂ© : dans ce monde, il existe tellement de types d'hĂŽpitaux.
Mon dos, d'ordinaire mon endroit le plus confortable pour dormir, Ă©tait maintenant aussi dur qu'une carapace froide. Je le contemplais tristement, incertain de la dĂ©cision Ă prendre. Tout Ă©tait si confus ; mĂȘme avec cent ans devant moi, je n'Ă©tais pas sĂ»r que ce serait facile.
DĂ©tournant le visage du dos de Chanyeol, bien plus grand que le mien, j'ouvris la visiĂšre de mon casque. Je sentis la brise matinale caresser mon visage encore ensommeillĂ©. Je repris mon observation des bĂątiments et des autres vĂ©hicules quiâŠ
La boutique de bubble tea de Jungyeol ?
Retour en arriĂšre.
« Tu sais, Dae ? »
"Je ne sais pas."
«Tsk, écoute-moi d'abord.»
« Un verre de bubble tea pour écouter vos potins. »
"Froid!"
"Donc?"
« à quelques rues d'ici, il y a une clinique d'avortement qui est maintenant légale. Ils l'ont annoncé aprÚs que le gouvernement a légalisé l'avortement dans notre pays. »
« Euh, pourquoi me dites-vous des choses pareilles ? C'est tellement inutile. »
« Ce ne sont que des rumeurs, mais cette nouvelle politique fait actuellement l'objet de nombreuses discussions sur le site de Pann, vous savez ! »
Fin du flashback.
J'ai eu la nausée en repensant aux paroles de Jungyeol trois mois plus tÎt. J'ai jeté un regard timide à Chanyeol. Il ne me ferait pas ça, n'est-ce pas ?
Mais que dire de ce qu'il avait dit à la maison plus tÎt ! J'avais l'impression que j'allais devenir fou, sauter d'une moto lancée à toute vitesse et rouler ridiculement sur l'asphalte, puis, si je n'avais pas de chance, me faire écraser par une voiture et mourir d'une mort absurde sur le champ.
La moto de Chanyeol s'est arrĂȘtĂ©e devant une petite clinique, sur le parking. J'avais l'impression que ma tĂȘte allait exploser Ă l'idĂ©e de ce qui allait m'arriver. Car c'Ă©tait l'endroit dont Jungyeol avait parlĂ©.
« Câest quoi cet endroit ? » Je ne pouvais plus cacher ma curiositĂ©. Je voulais que Chanyeol soit honnĂȘte !
« Votre blessure doit ĂȘtre soignĂ©e immĂ©diatement », rĂ©pondit rapidement Chanyeol sans se tourner vers la clinique.
Chanyeol a enlevé son casque tandis que je tombais de la moto. J'ai enlevé le mien en premier et j'ai poussé la moto jusqu'à ce qu'elle s'écrase sur Chanyeol.
"Kim Jongdae !"
Je me bouchai les oreilles, le cri de Chanyeol était si assourdissant que tout le monde se retourna, interloqué. Heureusement, car cela m'obligea à fuir à toutes jambes. Je ne savais pas s'il me poursuivait. Mais je savais que plusieurs personnes étaient venues l'aider à se relever.
Mes yeux balayaient les voitures qui passaient. Instinctivement, j'ai hélé un taxi et suis montée dedans sans demander. « S'il vous plaßt, emmenez-moi à cette adresse », ai-je supplié d'une voix tremblante. Je lui ai montré mon bracelet gravé de mon adresse.
Le chauffeur de taxi, un homme d'une quarantaine d'annĂ©es, hocha la tĂȘte. Je me suis adossĂ©e et j'ai poussĂ© un soupir de soulagement tandis que le taxi s'Ă©loignait de la clinique.
Je me suis frotté le visage avec force, les larmes me montant aux yeux en quelques minutes. J'ai cherché mon téléphone à tùtons dans mes poches, mais quand je l'ai trouvé, il était déjà déchargé.
J'ai expirĂ© bruyamment. Ătait-ce la bonne dĂ©cision ? Avais-je gardĂ© ce fĆtus qui serait trĂšs probablement un obstacle dans ma vie, comme l'avait dit Chanyeol ? Et mes parents ? Je suis la benjamine, ils doivent ĂȘtre déçus, eux qui sont toujours si fiers de moi.
Et si je me rendais compte que ma décision était mauvaise ?
« DĂ©solĂ©e, ma sĆur. Nous sommes arrivĂ©s. »
J'ai secouĂ© la tĂȘte vigoureusement. Non ! Les paroles de Chanyeol ne m'ont pas fait changer d'avis. J'avais dĂ©jĂ dĂ©cidĂ© de ne pas tuer mon propre enfant. Il mĂ©ritait d'ĂȘtre heureux, mĂȘme si cela impliquait de sacrifier le mien.
"Nous sommes arrivĂ©s, ma sĆur."
Je me suis tournĂ© vers la personne assise au volant. Il a fait une rĂ©vĂ©rence avant de me tendre quelques feuilles de papier.gagné« Merci beaucoup, monsieur », ai-je dit alors que le taxi s'apprĂȘtait Ă partir.
Je suis rentrée chez moi, épuisée. Il s'était passé beaucoup de choses ces derniÚres heures. Il me fallait maintenant donner à mes parents une explication plausible à mon absence la veille et trouver le bon moment pour leur annoncer ma grossesse, ce qui ne serait pas chose facile étant donné que j'étais encore au deuxiÚme semestre.
J'ouvris la porte, un peu surprise de constater que les matins, habituellement ponctués des petites disputes de papa et maman, étaient désormais calmes : les lumiÚres et les rideaux étaient éteints et tirés. J'enlevai mes chaussures à l'entrée et enfilai mes pantoufles.
« Appa ! Eomma ! »Je les ai appelés. Je suis allé au réfrigérateur, j'ai pris une bouteille d'eau fraßche et je l'ai bue d'un trait jusqu'à ce qu'elle soit à moitié pleine. J'ai poussé un soupir de soulagement : le liquide clair a étanché ma faim.
J'ai de nouveau fouillé le réfrigérateur, à la recherche de quelque chose à manger tout de suite, sans avoir à cuisiner. « Du pain fera l'affaire », me suis-je exclamée joyeusement en trouvant du pain complet et un petit pot de glaçage au chocolat.
J'ai fermé le réfrigérateur, apporté le pain et le slei à table et les ai dévorés en silence. à chaque bouchée, le regain d'énergie stimulait mon cerveau. J'ai souri, touchée par la douceur qui flattait mon palais.
MĂȘme si j'Ă©tais un peu surprise que maman et papa ne soient pas encore descendus, j'Ă©tais assez soulagĂ©e par le calme ambiant ; au moins, j'avais encore le temps de me prĂ©parer avant de dire la vĂ©ritĂ©.
Consciemment, j'ai caressĂ© le ventre plat qui lui servait de demeure temporaire. « DĂ©solĂ©, d'accord ? »Junior« Je lâai regrettĂ©. En me rappelant quâil pourrait naĂźtre sans figure paternelle, je me suis dit que ce nâĂ©tait pas grave, car jâĂ©tais lĂ pour ĂȘtre son pĂšre. MĂȘme sâil rencontrerait de nombreuses difficultĂ©s Ă sa naissance, je veillerais Ă ce quâil ne manque pas dâamour. Les larmes ont coulĂ© Ă nouveau, plus abondamment et douloureusement, et jâai eu lâimpression de rĂ©pĂ©ter ce que je nâaurais pas dĂ» faire. »
« Il nây a pas de raison dâĂȘtre triste, dâaccord ? » dis-je avec optimisme au fĆtus, mâencourageant moi-mĂȘme. « Tu es en sĂ©curitĂ© maintenantâŠÂ » Le sourire qui avait effleurĂ© mon visage ne dura quâune fraction de seconde avant que je ne voie enfin la silhouette, debout, les bras croisĂ©s, le regard posĂ© sur mon existence insignifiante.
Au moment mĂȘme oĂč Chanyeol souriait, je me suis levĂ©e et j'ai immĂ©diatement couru Ă l'Ă©tage, dans ma chambre.
Chanyeol se lança Ă ma poursuite. J'accĂ©lĂ©rai le pas, les poings serrĂ©s sur la poitrine. Mon cĆur battait la chamade, mon cerveau envoyait sans cesse des signaux d'alarme. « Ash ! » Ma cheville se tordit et je tombai au sol. Je sentais Chanyeol devant moi. Rassemblant le peu de courage qui me restait, je levai les yeux vers lui. « Va ! »
« Pas avant que la créature ne soit morte », dit-il fermement. Chanyeol s'accroupit et m'entraßna brutalement au loin.
«Maman!J'ai criĂ© aprĂšs ma mĂšre.« Appa ! »Pourtant, ils ne sont jamais venus. C'Ă©tait comme s'ils n'Ă©taient mĂȘme pas dans la maison.
Chanyeol a ri doucement : « Ils t'ont confié à moi. »
J'ai essayé de me dégager, mais Chanyeol resserrait son emprise. « Lùche-moi, ça fait mal ! »
Chanyeol m'a fait asseoir Ă ma place, a pris un verre d'eau et a ouvert une petite bouteille qu'il avait dans la poche de sa veste. Mon cĆur s'est emballĂ© quand Chanyeol a sorti trois pilules rondes et vertes. Je n'en ai ressenti aucun effet.
Chanyeol a pris trois comprimés du médicament d'un seul coup, m'obligeant à ouvrir la bouche pour y mettre un médicament dont j'ignorais la fonction.
« Ouvre la gueule de ton chat, Dae ! » lança-t-il sÚchement.
J'ai secouĂ© la tĂȘte violemment. Chanyeol m'a forcĂ© la bouche Ă s'ouvrir et ça m'a fait mal. Je ne savais pas ce qu'il allait faire en me fourrant les pilules dans la bouche. Une de ses mains a relĂąchĂ© ma mĂąchoire et s'est posĂ©e sur ma nuque. Son visage s'est rapprochĂ© du mien, ses lĂšvres se sont pressĂ©es contre les miennes et il m'a forcĂ©e Ă avaler ce qu'il m'avait fourrĂ© dans la bouche.
Ma langue tenta de résister et de le repousser, tandis que celle de Chanyeol s'enfonçait. Cependant, le goût amer du médicament me fit comprendre qu'il avait commencé à fondre et à pénétrer dans mon corps.
Une fois de plus, mes larmes ont coulé en vain.
Chanyeol retira son visage. J'avais les yeux embuĂ©s et la tĂȘte qui tournait. MalgrĂ© la faible lueur de son sourire, je distinguai Chanyeol qui souriait avec regret. Je ne me souviens plus de ce qui se passa ensuite, tandis qu'un brouillard noir commençait Ă envahir ma conscience et que quelqu'un m'enlaçait.
đ„đ„đ„
