Désolé, pas désolé

Chapitre 8 đŸ„€

J'ai beau essayer de le nier, je ne peux m'empĂȘcher de constater que mĂȘme si Sehun est un fou prĂȘt Ă  renoncer Ă  son honneur par obsession pour son propre cousin, son amour pour Jongdae est pur. Et c'est ce qu'il devrait faire aussi avec la crĂ©ature qui se trouve dans le ventre de Jongdae : l'aimer.

Mais les paroles de Sehun m'ont donnĂ© le tournis. Elles m'ont rappelĂ© l'incident dans la chambre d'hĂŽpital de Jongdae, oĂč Sehun, qui avait d'abord soutenu Jongdae dans toutes ses dĂ©cisions, s'Ă©tait retournĂ© contre lui et l'avait incitĂ© Ă  avorter. Chaque fois que je me souvenais que c'Ă©taient mes actes qui avaient mis la vie de Jongdae en danger et l'avaient rendu handicapĂ©, mon ego redoublait d'efforts pour nier toute responsabilitĂ©.

Mes mains tentaient de ramper, traĂźnant ma jambe blessĂ©e, essayant d'atteindre le fauteuil roulant qui se trouvait Ă  un demi-mĂštre de l'endroit oĂč j'Ă©tais agenouillĂ©, impuissant.

« Oncle, tu peux me faire confiance, c’est moi, ton neveu », rĂ©pĂ©ta Sehun pour rassurer l’oncle Kim, sa voix forte comme pour rivaliser avec la pluie de plus en plus abondante.

Je me suis rapidement tournée vers la conversation. « Tout ce qu'elle a dit au sujet de son obsession pour Jongdae était un mensonge. »

Sehun me fusilla du regard, alors que j'Ă©tais dĂ©jĂ  de retour dans mon fauteuil roulant. « Je. Suis. Le. PĂšre. De. Ce. Putain. De. FƓtus, salaud ! »

Un sourire en coin se dessina sur mes lĂšvres tandis que je le regardais grogner et accentuer chaque phrase. Il Ă©tait Ă©vident qu'il Ă©tait dos au mur, surtout Ă  la vue de ses poings serrĂ©s. Je comprenais maintenant : en plus d'ĂȘtre fou et obsĂ©dĂ© par son propre cousin, Sehun Ă©tait aussi atteint de dĂ©lires. « PlutĂŽt que de laisser l'oncle se demander qui dit la vĂ©ritĂ© et qui ment, pourquoi l'oncle Kim ne le demande-t-il pas directement Ă  Jongdae ? » Je suggĂ©rai cela avec un sourire triomphant, ce qui fit que Sehun se retint dĂ©sespĂ©rĂ©ment de me sauter dessus et de me tuer sur-le-champ. « N'est-ce pas mieux que de faire tout ce cinĂ©ma inutile Ă  l'hĂŽpital ? Les autres patients vont ĂȘtre dĂ©rangĂ©s plus tard. »

Pendant un moment, nous sommes restés tous les trois en silence, sous la pluie et le vent de plus en plus forts, jusqu'à ce que finalement l'homme d'une quarantaine d'années, dont les traits étaient typiques de Jongdae, prenne son téléphone portable posé sur la table et s'éloigne, nous laissant tous les deux sans rien dire.

Peu aprÚs son départ, Sehun s'approcha de moi, le regard perçant. « AprÚs que Jongdae t'ait larguée, lui en voudras-tu et finiras-tu par le quitter à ton tour ? » Je posai mes coudes sur le dossier de mon fauteuil roulant, levant les yeux vers l'insignifiant Sehun qui me fixait d'un regard qui semblait vouloir me déchiqueter.

« Non », rĂ©pondit Sehun, « je te chercherai jusqu'au bout du monde, je te tuerai et je ferai tout mon possible pour que Jongdae
 »Hyung sois Ă  moi."

J’ai haussĂ© un sourcil avec dĂ©dain. « Y compris ĂȘtre un criminel ? » Ce gamin de lycĂ©e Ă  l’air gĂątĂ© qui aimait encore boire du lait avant de se coucher n’oserait pas ĂŽter la vie Ă  quelqu’un, si ?

« Y compris si je dois aller en enfer. »

AprĂšs m'avoir lancĂ© un regard noir, Sehun s'est empressĂ© de suivre l'oncle Kim, me laissant seule Ă  la cafĂ©tĂ©ria de l'hĂŽpital avec un sourire triste. Au moins, si je meurs dans un accident de course, il y aura toujours quelqu'un pour s'occuper du veuf, pas vrai ? Dommage que Sehun ait dĂ» avaler la botte de Bob l'Éponge, parce que je n'allais pas mourir aussi facilement.

« Zut, il faut vraiment que je pousse ce fauteuil roulant jusqu'Ă  ma chambre toute seule ? » La pluie ne semblait pas vouloir s'arrĂȘter Ă  la tombĂ©e de la nuit et j'Ă©tais la seule personne encore prĂ©sente Ă  la cafĂ©tĂ©ria. Je fronçai les sourcils, perplexe, lorsqu'une femme s'approcha soudain. « Qui ? » Son visage Ă©tait dissimulĂ© par un masque noir et elle portait sur la tĂȘte des lunettes de soleil dernier cri.

« Il y a quelque chose d'important dont je dois discuter avec vous en privé. »

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« Tu n’as pas l’intention sĂ©rieuse d’épouser Jongdae, n’est-ce pas ? »

Assise dans mon fauteuil roulant, je restais muette tandis que la femme me conduisait sans mĂ©nagement Ă  ma chambre, sans mĂȘme que je lui en aie donnĂ© la permission. Finalement, elle ferma la porte et retira son masque, dĂ©voilant son visage. Je compris alors pourquoi elle voulait me parler seule.

« J’aime Jongdae, mais je veux qu’il rĂ©alise d’abord ses rĂȘves », ai-je rĂ©pondu avec assurance. « Pourquoi me posez-vous cette question soudainement ? Vous et votre mari ne m’avez jamais apprĂ©ciĂ©e ? »

La femme, appuyée contre le bord de la table, croisa les bras, ses yeux bruns suivant mes moindres mouvements du regard. « Tsk, tu n'es pas douée pour mentir. Si tu aimais vraiment Jongdae, tu n'aurais pas dû tout gùcher, ou du moins pas jouer avec le feu dans son dos. »

J’ai ri doucement Ă  sa remarque. « Comment peux-tu en ĂȘtre aussi sĂ»r alors que tu ne me connais mĂȘme pas si bien ? »

La femme soupira. « Chanyeol, tout le monde n’a pas la chance d’avoir des enfants, dit-elle. C’est presque ce qui a failli nous arriver Ă  mon mari et moi. Pendant des annĂ©es, nous avons essayĂ© d’avoir un enfant et, aprĂšs presque sept ans, nous avons enfin accueilli Jongdae, notre unique enfant. » Je fronçai les sourcils, perplexe face Ă  son discours si dĂ©tournĂ©.

«À ce propos,Que veux-tu vraiment me dire ?

La mĂšre de Jongdae, qui baissait les yeux, releva soudain la tĂȘte et me fixa d'un regard perçant. « Persuadez Jongdae d'avorter de ce fƓtus maudit ! Je ne veux pas perdre mon fils unique. Vous avez sans doute tout entendu. Je sais que vous et votre amie Ă©tiez cachĂ©es et que vous avez Ă©coutĂ© toutes nos conversations. J'ai aussi entendu votre conversation avec mon mari. Je ne me soucie de rien d'autre que de la sĂ©curitĂ© de Jongdae, car ce fƓtus pourrait mettre la vie de mon enfant en danger. »

La mĂšre de Jongdae, dont je savais que le nom de famille Ă©tait Oh, Ă©tait la tante de Sehun. Elle sortit, mais s'arrĂȘta un instant devant la porte avant de se retourner et de dire : « Peu m'importe qui est le pĂšre, je veux juste que mon fils soit en sĂ©curitĂ©. » Puis elle se retourna et quitta dĂ©finitivement ma chambre d'hĂŽpital. Elle referma la porte blanche de l'hĂŽpital un peu brusquement.

J'ai soupiré doucement. « Je veux que cette chose meure aussi, tu sais. »

Tout le monde veut que la créature dans l'estomac de Jongdae meure, j'ai bien fait de donner la pilule abortive à Jongdae, n'est-ce pas ?

« Aaarrrgghhhhhkkk ! » ai-je hurlĂ©, avant de me laisser tomber dĂ©libĂ©rĂ©ment Ă  genoux au sol, en hochant la tĂȘte vers le sol dans l'espoir que les vertiges qui me tenaillaient depuis un moment s'attĂ©nuent un peu.

Je dois rencontrer Jongdae immédiatement et lui parler en privé.

À la tombĂ©e de la nuit, je me suis rĂ©veillĂ© Ă  22h48, prĂȘt Ă  me glisser dans la chambre de Jongdae. Mon rĂ©veil a sonnĂ© et j'ai soudain rĂ©alisĂ© que j'avais Ă©tĂ© trop impatient de me lever plus tĂŽt.

Dans les couloirs, la plupart des gens s'étaient déjà reposés ; seuls quelques infirmiers et familles de patients erraient encore dans l'hÎpital. Un essaim de moustiques tournoyait autour du jardin et des lampadaires, nombre d'entre eux ayant perdu leurs ailes et servant de nourriture aux fourmis.

Dans l'air froid de la nuit, aprĂšs la fin de la pluie Ă  19 heures, je portais le blouson de cuir que j'avais depuis l'accident. J'avais l'impression de tourner les roues pour aller plus vite, mĂȘme si, paradoxalement, cela me paraissait incroyablement lent, contrairement Ă  la marche. Était-ce vraiment cela, ĂȘtre handicapé ?

Jongdae était dans la chambre 21, et quelqu'un aurait dû le surveiller. J'aurais dû lui envoyer un message pour qu'on se voie, mais j'étais trop lùche. Et s'il n'avait pas voulu me voir et avait plutÎt demandé à quelqu'un de rester avec lui toute la nuit ? Il fallait donc que je voie ça de mes propres yeux et que je crée une occasion pour qu'on soit seuls.

Le fauteuil roulant dans lequel j'étais assise a brusquement dévié lorsque mon regard s'est posé par hasard sur Jongdae, qui respirait l'air nocturne, debout dans l'embrasure de la porte, comme s'il attendait quelqu'un. J'ai accéléré à toute vitesse jusqu'à ce que Jongdae remarque enfin ma présence et se précipite dans la piÚce.

« Jongdae, s'il vous plaßt, ne faites pas ça ! » ai-je crié, surprenant le vigile qui passait. « Jongdae, s'il vous plaßt, laissez-moi vous parler ! » J'ai ignoré la douleur dans mes articulations encore douloureuses et me suis forcée à me lever en grimpant sur le muret. « Jongdae, s'il vous plaßt, parlons-en ! »

Lorsque je suis tombée et que j'ai eu du mal à me relever, l'agent de sécurité qui passait par là a essayé de m'aider à me relever et à me remettre dans le fauteuil roulant.

« Monsieur, veuillez me conduire Ă  la chambre 21 ! » J’ai dĂ©signĂ© la porte de la chambre de Jongdae, dĂ©jĂ  fermĂ©e Ă  clĂ©. ArrivĂ©e devant la porte, j’ai aperçu, Ă  travers la vitre, Jongdae recroquevillĂ© sur le lit, entiĂšrement recouvert d’une couverture. « Jongdae, laissez-moi entrer un instant. » J’ai frappĂ© Ă  la porte. « Kim Jongdae ! Jongdae ! »

Le vigile était toujours derriÚre moi quand j'ai souri de soulagement en voyant Jongdae soulever la couverture. Son visage renfrogné, ses longs cheveux ébouriffés, me fixait d'un air agacé. Il s'est dirigé vers la porte à grands pas, mais sans l'ouvrir.

« Ne fais rien, ma famille est lĂ  », a-t-il menacĂ©. « Si tu veux seulement t’excuser aprĂšs avoir vu mon Ă©tat, tu ferais mieux de partir, Chanyeol. »

Jongdae parlait derriÚre la porte, sa voix à peine audible, mais le mouvement de ses lÚvres et la buée qui s'accrochait à la vitre me suffisaient pour tout traduire.

J’ai ouvert la fermeture Ă©clair de ma veste et je lui ai montrĂ© la blouse d’hĂŽpital que je portais – la mĂȘme que celle de Jongdae –, et sa bouche s’est immĂ©diatement ouverte, ses deux petites mains couvrant sa bouche.

« Tu ne l’as pas volĂ©, n’est-ce pas ? » J’ai traduit ses paroles. Si Jongdae Ă©tait aussi spontanĂ©, c’est qu’il se remettait bien. « Je vais ĂȘtre en arrĂȘt maladie pendant un certain temps. Alors, parlons-en sĂ©rieusement. »

Jongdae secoua la tĂȘte, il se prit dans ses bras, mais si l'on regardait de plus prĂšs, Jongdae se serrait fort le ventre.

Il a donc peur que je fasse à nouveau du mal à cette étrange créature dans son estomac ?

« Non
 » J’ai secouĂ© la tĂȘte quand soudain quelqu’un est apparu Ă  cĂŽtĂ© de moi, le regard perçant. La mĂšre de Jongdae a dit Ă  son fils unique d’ouvrir la porte. Jongdae s’est immĂ©diatement prĂ©cipitĂ© pour la refermer aprĂšs que sa mĂšre soit entrĂ©e et ne m’a pas laissĂ© la moindre chance de le voir.

Cependant, la main de la mĂšre de Jongdae arrĂȘta son fils. « Laisse Chanyeol te parler un instant, Jongdae. »

Le visage de Jongdae affichait une expression désapprobatrice. « Mais,Oncle.Je ne veux pas le voir !

Alors, cette femme pensait que j'étais de son cÎté ?

« Suivez les mots »Maman« Si vous souhaitez toujours rester en Corée du Sud », dit-elle d'un ton ferme. Sur ces mots, la femme au rouge à lÚvres rouge vif s'éloigna aussitÎt, nous laissant tous deux seuls dans la piÚce aprÚs avoir refermé la porte.

J'étais assise dans mon fauteuil roulant tandis que Jongdae était assis sur le lit, les jambes croisées. Nous sommes restés silencieux quelques instants.

« J’ai lu sur Internet que rester assis comme ça rend la circulation sanguine moins fluide
 »

Au lieu de répondre à mes paroles par une phrase, Jongdae a immédiatement changé la position de ses jambes pour s'étirer.

« Tu es toujours le mĂȘme qu’hier », dit soudain Jongdae.

« Moi ? Hier ? » ai-je demandé, perplexe.

« Qu’attends-tu des humains ? » Jongdae fit semblant de jouer avec son tĂ©lĂ©phone pendant que je pouvais observer librement ses traits doux. « Ils ne vont pas changer leur mauvaise nature du jour au lendemain, n’est-ce pas ? »

« Vous avez raison », ai-je acquiescĂ©. « Mais cela ne signifie pas qu’ils ne peuvent pas s’amĂ©liorer, n’est-ce pas ? »

Jongdae leva la tĂȘte. « Tu croyais que je parlais de toi, Chanyeol ? »

« Oui », ai-je rĂ©pondu avec assurance. « Qui d’autre voudrais-tu critiquer alors qu’il n’y a que toi et moi ici
 »

« Hwang Chihyung », interrompit rapidement Jongdae, « dans le drameMaintenant, nous nous séparons.

Ma bouche s'est grande ouverte, j'avais oubliĂ© que Jongdae Ă©tait un passionnĂ© de théùtre. Une fois, en CE1, Jongdae a parlĂ© de la scĂšne de baiser torride qu'il avait vue la veille au soir sur le bureau du professeur, devant toute la classe. Il a mĂȘme failli la rĂ©pĂ©ter avec un livre, mais il ne l'a pas fait parce que le professeur s'est soudainement plantĂ© devant la porte avec un visage effrayant.

« Ah, d’accord. » Je me suis grattĂ© la nuque, un peu gĂȘnĂ©e, n’ayant jamais regardĂ© une sĂ©rie romantique de ce genre.

« Au fait, Chanyeol, » dit Jongdae. « De quoi voulais-tu me parler exactement ? Pourquoi ma mÚre est-elle soudainement si gentille avec toi ? » demanda-t-il d'un air interrogateur. « Si vous complotez tous pour faire de moi un meurtrier, vous feriez mieux de déguerpir immédiatement. » Je voyais bien le visage de Jongdae tandis qu'il luttait contre ses larmes.

« Pourquoi voulez-vous le garder mĂȘme en sachant qu’il naĂźtra trĂšs probablement handicapĂ© ? » ai-je demandĂ©, curieux.

« Parce qu’il est ma chair et mon sang », rĂ©pondit simplement Jongdae.

J’ai froncĂ© les sourcils, mĂ©contente. « MĂȘme en sachant que sa prĂ©sence pourrait mettre votre propre vie en danger ? »

« Oui. » Jongdae me regarda d'un air déterminé. « Parce qu'elle est ma chair et mon sang. »

« Vous pourriez crĂ©er une autre crĂ©ature comme celle-ci, une plus parfaite et plus saine », dis-je, « pourquoi
 »

« Tais-toi ! » hurla Jongdae, furieux. « Ce fƓtus et moi ne serions pas dans cette situation si tu ne m’avais pas donnĂ© ces satanĂ©s mĂ©dicaments ! » Jongdae se leva du lit et se dirigea vers la porte.

« Jongdae, oĂč vas-tu ? » demandai-je en faisant rouler difficilement les roulettes de ma chaise. « Ne pars pas
 »

« Alors
 de quoi d’autre pouvons-nous parler ? » Je voyais des larmes dans les yeux de celui que je vĂ©nĂ©rais comme un dieu. « Cette conversation me brise le cƓur. Personne ne veut le dĂ©fendre comme un ĂȘtre humain. Vous le traitez tous comme un objet qu’on peut jeter et acheter Ă  sa guise. MĂȘme Sehun, qui Ă©tait de mon cĂŽtĂ© hier, a changĂ© d’avis et m’attaque. Pourquoi me rabaissez-vous sans cesse ? J’ai besoin de soutien, ou au moins de quelqu’un qui m’écoute. Vous ne me laissez mĂȘme pas respirer ! »

La respiration de Jongdae s'accélérait et s'abaissait tandis qu'il laissait enfin libre cours à ses émotions débordantes ; ses larmes, qu'il ne pouvait plus retenir, avaient maintenant mouillé ses joues.

« Je ne te demande pas de l’accepter, je te demande juste de le laisser vivre ! Qu’est-ce qu’il y a de si difficile
 ? Est-ce Ă  cause de ma vie ? Toi-mĂȘme, tu me traites parfois comme une poupĂ©e sans cƓur ? Tu fais des grimaces Ă  tout bout de champ dĂšs qu’on te taquine ! J’en ai marre de ma vie ! »

« Combien de temps vas-tu tenir ? » ai-je demandĂ© soudainement aprĂšs avoir senti que Jongdae s'Ă©tait un peu calmĂ©, tandis que moi-mĂȘme je devais rĂ©primer mon ego qui Ă©tait en pleine lutte.

« Q-quoi ? »

« Combien de temps vas-tu tenir ? » ai-je répété. « Tu devrais en parler plus sérieusement avec le médecin si tu veux vraiment le garder, car il a dit qu'il mettrait ta vie en danger. Donc, si tu veux le garder, tu dois suivre un traitement sérieux. »

Jongdae tordit le bas de sa chemise. « Que veux-tu dire, Chanyeol ? » demanda-t-il timidement, et je pus percevoir l'espoir dans sa question.

Avec beaucoup de difficulté, j'ai rapproché le poignet de Jongdae du mien. « Donne-moi une derniÚre chance de réparer mes erreurs », ai-je supplié, « beaucoup de gens changent, en bien ou en mal. » Je tenais Jongdae dans mes bras tandis qu'il était assis sur mes genoux. « Et j'espÚre que tu m'aideras à devenir une meilleure personne. »

Jongdae enfouit son visage dans le creux de mon cou en pleurant, tandis que je continuais à l'embrasser dans la nuque. Je lui caressais doucement le dos fragile pour le calmer ; au moins, les pleurs le soulageraient un peu. Je ne savais pas quand j'avais été aussi tendre avec lui pour la derniÚre fois.

"Qu'est-ce que c'est?!"

J'ai été choquée lorsque, soudain, le corps de Jongdae a été arraché de mes bras par quelqu'un qui venait de crier de colÚre.

« Tu vas bien, n'est-ce pas ? »Hyung ?

J'ai vu Sehun essuyer dĂ©licatement les larmes de Jongdae avant qu'il ne se tourne vers moi et me fusille du regard, son poing s'abattant sur mon nez jusqu'Ă  ce qu'il saigne et qu'il se casse peut-ĂȘtre mĂȘme ? Avant que je puisse comprendre ce que faisait ce lycĂ©en, Sehun m'a donnĂ© un coup de pied si violent que je suis tombĂ©e de mon fauteuil roulant.

« Sehun ! Qu’est-ce que tu fais ! » hurla Jongdae, paniquĂ©, en essayant de retenir le bras de Sehun pour l’empĂȘcher de me frapper Ă  nouveau. « Sehun, non ! »

J’essuyai le sang frais de mon nez avec agacement, tout en peinant Ă  me relever sur mes jambes encore tremblantes. « HĂ©, ma petite, ne te mĂȘle pas des problĂšmes d’adultes
 »

« Putain ! » Sehun m’attaqua de nouveau sans pitiĂ©, me donnant des coups de pied rĂ©pĂ©tĂ©s au cƓur et au visage. « CrĂšve, putain ! »

Au moment oĂč Sehun s'apprĂȘtait Ă  me donner un autre coup de pied au visage, j'ai attrapĂ© sa jambe droite si fort qu'il ne pouvait plus bouger. De toutes mes forces, j'ai projetĂ© sa jambe au sol, et au mĂȘme instant, Sehun a bondi et m'a piĂ©tinĂ© le visage avec son pied gauche.

"Jongdae"Hyung !

"Kim Jongdae !"

J'ai lancĂ© un regard noir Ă  Sehun lorsque son coup de pied gauche a ratĂ© mon visage et a frappĂ© celui de Jongdae qui, bĂȘtement, m'avait serrĂ© la tĂȘte dans ses bras, faisant de lui la victime du coup de pied.

DÚs que j'ai relùché ma prise sur sa jambe, Sehun s'est immédiatement accroupi prÚs du corps inanimé de Jongdae, du sang frais coulant de son oreille droite.

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